Je range, je range au balais mes poussières divines. Je range en aspirant tout ce dont à quoi j'ai aspiré. Je range chaque objet en son etuit, les tuiles de mon toit aux draps de mon lit. Car je deconstruit tout pour tout reconstruire, mon ménage de printemps à moi, d'automne d'hiver d'été. Les cartons s'empilent, les piles s'entassent, et l'état s'en tire sans aucune casse. Les cartons s'empilent, les piles s'entassent, et l'état s'en tire sans aucune casse. Et je range ma vie poker qui s'éffondre comme un chateau de cartes, et moi qui croyais avoir tiré le jocker. Ohhh. Et je range mes pensées pleines de penssements, mon dictionnaire d'italien, et pour avoir plus de place je range mes places, ma place d'italie, ma place monge, ma place vavain. Je fais des va et vient et termine de ranger ma fourrure d'hermine, mon tablier de boulanger. Et je range pour tout oublier car si j'oublie je pourrai peut-être recommencer. Les cartons s'empilent, les piles s'entassent, et l'état s'en tire sans aucune casse. Les cartons s'empilent, les piles s'entassent, et l'état s'en tire sans aucune casse. Et je range mes âmes, mes amours mes amarts, mes adieux. Je range ma tora, mon coran, ma bible tout cela avec ma bile. Et je range mes tatouages de ce qui bloque mes rouages. Je range ma trace, mon crawl, toutes mes nages. Désormais je patauge et n'ose m'arrêter de penser que; je coule, mais je reste cool. Et je range, je range mon rasoir, mes livres bien trop rasoir. Je range ma mousse à raser, mes pièces de Musset. Je range mes dvd, mes vhs usés, ma psd, mon pc, mon mac, et toutes les autres putains qui vont avec. Toutes les autres putains qui vont avec. Les cartons s'empilent, les piles s'entassent, et l'état s'en tire sans aucune casse. Les cartons s'empilent, les piles s'entassent, et l'état s'en tire sans aucune casse. Et je range mon rythme, les mythes auquel je croive encore, mes tords elles sont marteaux et tôt ou tard je prendrai la mauvaise tengante, et plus rien de ce que je dis ne sera tengible. Et enfin je range mes cheveux un à un, mes yeux deux à deux. Puis je me range et je me range. Oh je me range..
Toute la candeur de la jeunesse était là.
Chacune des mains tendues vers eux,
n'avait qu'un seul but. Toucher le charme.
__cliik__